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Promenade d'automne, ses lamelles de réalité

Dernière mise à jour : 25 nov. 2023

froissement de feuilles séchées
grondement
pelleteuse
le regard sérieux des enfants qui attendent pour traverser la rue
craquement du caillou sous la chaussure
douceur molle de l'herbe rase
guirlande le lierre dans la haie de thuyas
leur odeur âcre et piquante entre les doigts
tous les chemins de la rivière
la poule d'eau toutes pattes en l'air
en équilibre sur la branche
moteur
voix tonitruante de M.Loyal sous le chapiteau
branches feuillues qui te caressent la tête en passant
comme on fait aux enfants
feuilles mortes
boutons de rose tardifs et minuscules
on s'assied cinq minutes
et l'oiseau claque du bec à l'abri sous le feuillage
un autre lui répond en sifflant
au loin
suivi d'un autre
à l'accent pointu
et de celui qui enchaine les notes sans respirer à la manière d'un jazzman
le chapiteau la mélodie
ne cesse de venir et de s'en aller
les spectateurs rient aux éclats
éclats de voix à travers le mégaphone
la rivière à côté loin de tout ça
à peine troublée par des poussières et les insectes qui font des ronds à sa surface
il y a de l'autre côté un monde à la fois familier et surprenant
un monde où tout vient sans bruit et comme à retardement
un monde où les formes sont éphémères et souples
un rien peut les émouvoir et les faire disparaître
le cri de l'enfant sur son vélo
sur la route
invisible le père
la voix du père plus basse
et le bus passe
immense
bruyant
absurde
sur la route étroite et déformée
herbe longue qui vibrionne d'une vie secrète
petites pommes jaune et rouge du côté du soleil
avec une bouche ouverte en corolle et l'intérieur
multiple et frémissant
le cœur fossile de l'ancienne fleur
les voitures passent doucement sur le pont en fer et ça fait broum bada broum
bruit de la machine sur les plaques de fer
crissement des pneus
les oiseaux chantent encore mais plus bas
et d'un lieu lointain
graviers
moteurs de voitures rares et devenus discrets à cet endroit où les tilleuls se dépouillent
la fraicheur d'un banc en bois qu'on vient réchauffer en s'asseyant
attente


minuscule la vie sous l'herbe en touffes
les cris de l'enfant qui gazouille dans la rue
avec ceux des oiseaux font comme un jazz
trouble, pourtant, comme l'eau de la rivière plate
et les arbres caressent le rêvant qui s'égare

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